Archives par mot-clé : Fabrice Boromée

Incarcéré en Guadeloupe le 10 février 2010 et transféré en août 2011 en métropole, Fabrice Boromée a déjà été emprisonné dans près de 90 établissements pénitentiaires. Sa peine initiale était de 8 ans, il doit aujourd’hui purger plus de 34 ans de prison.
Fabrice est actuellement prisonnier de la Centrale de Moulins-Yzeure. N’hésitez pas à lui écrire :
Fabrice Boromée
N° écrou : 15964
Quartier d’isolement
Maison Centrale
Les Godets
03400 YZEURE cedex

http://lenvolee.net/tag/fabrice-boromee – https://www.facebook.com/fabriceborromee/

Passe-Muraille #20 – juillet 2017

Émission du 24 juillet 2017

« Dans ces prisons dites modernes, chaque déplacement d’un détenu est accompagné par plusieurs surveillants. Minimum trois, voire cinq surveillants et plus, pour aller en promenade, au sport, à l’infirmerie, au parloir, etc. Toutes les portes nous sont fermées manuellement et électroniquement. Les escortes sont permanentes, l’oppression est constante. Nous sommes aussi des personnes, des humains : l’oppression, la frustration, la stigmatisation mises en place par la pénitentiaire, la sursécurité font que certains craquent parfois, et les rares fois où des violences sont commises sur le personnel, elles sont surmédiatisées par les syndicats FO et CGT pénitentiaire, nous faisant passer pour des gens dangereux, violents et mauvais aux yeux de la société. Mais nous, détenus, nous ne pouvons pas répondre face à ces accusations honteuses, voire certaines fois calomnieuses. »

(Romain Leroy, lire la lettre en totalité)

 

Partie 1

Partie 2

Partie 3

 

Au sommaire :

Nadia, auteure de A ceux qui se croient libres, était notre invitée.

  • Appel de Luc à propos du verdict à l’encontre de Romain pour l’appel du procès concernant la mutinerie au QMC de Valence et sur la nécessaire solidarité avec les prisonniers mutins.
  • Appel d’Adeline, qui nous lit la lettre de son compagnon Romain et nous donne des nouvelles de Condé-sur-Sarthe, et aussi un appel de Lydia qui nous parle de ce que son fils Julien a vécu à Châteauroux et de ce qu’il vit à Saran. Ensemble, elles nous parlent de leur initiative de création d’un « collectif de soutien aux détenus de France » (contact : 0611616231 et sur Facebook)
  • Appel de Sylvia, à propos de la thématique femmes face à la prison, qui nous parle de son parcours en tant que fille d’un ancien prisonnier, ancienne prisonnière et compagne d’un prisonnier.
  • On voulait donner davantage de nouvelles de Fabrice et vous faire écouter la conférence de presse organisée par L’Envolée pour dénoncer sa mise à mort mais on a été pris par le temps. Vous pouvez retrouver la vidéo ici.

Passe-Muraille #19 – juin 2017

Émission du 26 juin 2017

« Mesdames et messieurs les humanistes, la torture ne s’aménage pas, elle se supprime. Les longues peines sont une forme d’élimination sociale, une mort lente à peine déguisée, de la vengeance pure, le message adressé au corps social, aux prolos et sous-prolos, aux travailleurs pauvres, aux fins de droits, à tous les exclus qui auraient quelques velléités d’émancipation, d’une non-acceptation. »

(Thierry Chatbi)

 

Partie 1

Partie 2

Partie 3

 

Au sommaire :

  • Appel d’Olivier qui nous livre un compte-rendu du procès en appel de Romain Leroy à Grenoble pour la mutinerie du QMC de Valence.
  • Appel d’Adeline, la compagne de Romain, qui nous donne de ses nouvelles.
  • Appel de Christian Soulié, auteur du livre Liberté sur paroles, à propos de l’histoire du Comité d’Action des Prisonniers, la lutte contre les QHS et les solidarités entre l’extérieur et l’intérieur des prisons dans les années 1970.
  • Présentation de la soirée Femmes face à la prison qui aura lieu le 8 juillet. A cette occasion, on donne la parole à deux personnes qui étaient invitées mais ne pourront être là : Adeline, qui nous parle cette fois-ci de son combat non seulement pour Romain mais pour tous les prisonniers, de ce qui se passe à Condé-sur-Sarthe et de Fabrice Boromée ; Nadia, co-fondatrice du Collectif pour l’abolition de l’isolement carcéral et des émissions Parloir libre et L’Envolée et auteure de A ceux qui se croient libres (recueil de lettres et témoignages de Thierry Chatbi), qui nous parle de son parcours de proche de prisonniers et des luttes menées pendant les années 1980.

PASSE-MURAILLE #3 – JANVIER 2016

« L’importance de débattre est de mettre en évidence que la prison, la société et la répression marchent ensemble. Il va de soi que dans ce débat se mêleront les opinions et les analyses politiques de la partie réformiste proche des organisations humanitaires qui pensent que la prison est mauvaise, mais nécessaire ; mais nous devons y ajouter les nôtres, car en étant anarchistes, nous ne pensons qu’à la dynamiter. » (Claudio Lavazza, 2000, prison de Picassent)

Émission du lundi 25 janvier 2016

Partie 1 (clic droit pour télécharger)

Partie 2 (clic droit pour télécharger)

Au sommaire :

  • Nouvelles de Christine Ribailly, Fabrice Boromée et de l’inculpé de l’incendie du CRA du Canet
  • Actualités : non-lieu pour le gendarme assassin d’Hocine Bouras, tué pendant un transfert ; incendie volontaire de véhicules de la pénitentiaire à Osny ; refus de plateau à la MA de Borgu, grèves de la faim et manifs à l’extérieur en réaction à l’envoi au mitard de prisonniers politiques corses à Fleury et Bois d’Arcy ; ouverture des unités de déradicalisation à Osny et Annoeulin ; solidarité avec trois personnes de la RAF toujours en cavale…
  • Un invité nous parle du parcours de Claudio Lavazza, de la fin des années 70 à aujourd’hui et ensuite on écoute la parole de Claudio à travers des montages à partir d’une interview téléphonique et d’extraits de ses textes.

 

Passe-Muraille #1 – novembre 2015

« Cette découverte qu’il suffisait du mensonge d’une surveillante pour entraîner une flopée d’humiliation a été déterminante pour moi. » (Christine Ribailly)

Émission du lundi 23 novembre 2015

Partie 1 (clic droit pour télécharger)

Partie 2

 

Au sommaire :

– retour sur l’arrestation et les accusations d’outrage et rébellion contre Lucile Chapuis, en préventive à la MAF de Fleury (et depuis condamnée à 3 mois ferme) ;
lettre et paroles de Christine Ribailly, enfermée depuis novembre 2012, sur son parcours, des parloirs aux mitards, puis entretien avec son avocat et ses proches au sujet du procès du 17 novembre qui l’opposait aux surveillants de Fleury ;
propos et lettres de Fabrice Boromée qui dénonce son transfert de Guadeloupe en métropole, et parle de son combat contre le racisme, les conditions d’incarcération et le système judiciaire qui a multiplié sa condamnation de 8 ans à 36 ans de prison, retour sur le procès de sa « prise de parole » à Vendin-le-Vieil ;
– considération sur les politiques d’aménagements de peine, de permissions de sortie, sur les JAP, et illustration à travers le compte-rendu du procès de Nabil pour « évasion » au tribunal de Châteauroux en septembre 2015 ;
– agenda

(les liens renvoient aux pages présentant les montages)

« Je ne sais plus quoi faire pour me faire entendre », Fabrice Boromée

Montage extrait de l’émission #1, novembre 2015.

Incarcéré en Guadeloupe le 10 février 2010 et transféré en août 2011 en métropole, Fabrice Boromée a déjà été emprisonné dans 83 établissements pénitentiaires. Sa peine initiale était de 8 ans.
Fabrice dénonce les conditions de détention, le racisme des surveillants et réclame son transfert en Guadeloupe, il se bat. La pénitentiaire et la justice veulent lui faire payer son insoumission.
Condamné à 15 mois ferme pour une pseudo agression sur le directeur de la maison centrale de Clairvaux, lequel venait de lui annoncer le décès de son père, à Pointe-à-Pitre. Fabrice n’avait pas été autorisé à se rendre à l’enterrement.
Il a de nouveau été condamné à 8 ans pour la « prise en otage » d’un surveillant de la prison ultrasécuritaire d’Alençon Condé-sur-Sarthe (Orne), en janvier 2013, au côté d’un autre prisonnier longue peine. Sa peine est donc passée à 28 ans.
A nouveau, suite à des événements survenus dans celle de Vendin-le-Vieil, il est passé en procès. C’était le 16 octobre 2015, au tribunal correctionnel de Béthune. La prétendue victime, le directeur adjoint, ne s’est pas porté partie civile.

Fabrice explique à la barre qu’il n’avait pas le choix, pour sortir de l’isolement et dénoncer les violence qu’il subit « Mme, comment je dois réagir quand un surveillant me traite de sale nègre ? » demande-t-il à la présidente.

Son combat est un combat pour tous les prisonniers ultramarins qui sont déportés en métropole, et contre l’isolement.

A l’énoncé de la peine, à nouveau huit ans de prison, Fabrice Boromée lance à la présidente du tribunal : « Madame, vous m’avez condamné à mort. Bonne fin de journée. »
Depuis le procès, il a été transféré à Annoeulin puis au QI de Fleury-Mérogis.

Il a fait appel, le délibéré a depuis été rendu : 6 ans… Toutes peines alignées, Fabrice doit passer 34 ans en prison.

Lorsque les prisonniers longue peine prennent un otage, c’est la parole qu’ils prennent. Toute notre solidarité à Fabrice pour son combat contre l’isolement, le racisme en prison et l’absurdité du système colonial de transfert en métropole des détenus d’Outremer.

Le montage qui suit est composé d’extraits d’entretien réalisés en octobre 2014 (il était à la Centrale d’Arles) et d’une lettre de septembre 2015 à l’Envolée, publiée dans le numéro 42 (D’autres lettres dans le numéro 43).

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